
C’est lors d’une fête à la maison, organisée à l’improviste par son père, qu’il est exposé, pour la première fois de sa vie, à un chansonnier de village, comme il y en avait tant dans la Gaspésie de son enfance. De Johnny Cash aux classiques du répertoire country et folk, cette rencontre laissera en lui une trace indélébile, qui fera naître un amour qui ne lui passera plus, celui de la guitare.
Bien des années passeront pourtant avant qu’à l’âge de 13 ans, autorisé par sa mère à dépenser l’entièreté de son premier compte en banque, il obtienne finalement sa première guitare électrique, qui le mènera directement sur les sentiers du rock et des « power ballads », qui façonnent à cette époque l’univers de bien des jeunes garçons de la Côte-Nord, deuxième région du Québec dans laquelle il grandira.
Après cette adolescence, naviguant entre le hard et le pop-rock, il découvrira le blues lors d’études en musique, blues qui l’éloignera pour toujours de cette culture du hard rock (dont il ne perdra pas l’esprit pour autant !), et qui aussi sera l’étape transitoire vers ce qui deviendra son ultime amour : la chanson à texte.
Les premiers artistes qu’il admirera seront Jean Leloup et Richard Desjardins, qu’il perçoit encore comme celui qui a amené la chanson québécoise à ses plus hauts sommets, ensuite de quoi il découvrira Georges Brassens et Boris Vian, qui ouvriront à tout jamais son cœur à la France; quatre figures majeures de la chanson, pour qui les mots sont centraux, et l’insubordination essentielle.
Après un Master en philosophie et des années à l’enseigner, au cours desquelles il peaufinera ses talents de raconteur, il se met, en 2014, plus sérieusement à l’écriture de chansons, année lors de laquelle il participera aux Rencontres de création de Natashquan, et à une résidence d’écriture au festival en chanson de Petite-Vallée. L’aboutissement de cette riche période sera le lancement en 2017 de son premier EP, « Es-tu sérieux ? », dans lequel il se dévoile avec cinq titres qui le représentent très bien : parfois profond et touchant, parfois comique et frondeur, parfois les deux en même temps, ce premier disque émeut, indigne, et vitalise, mais, surtout, donne beaucoup à penser.
Homme de mots et de sons, d’émotions et d’humour, de chaleur et couleur, c’est avec l’ajout des cuillères en bois et de la guitare basse qu’il complète maintenant les cordes et le bois à son arc, ce qu’il emportera avec lui pour créer avec l’artiste La Morissette « Le Québec, c’t’au boutte ! », un nouveau projet sur l’histoire du Québec, qui alliera à la fois récits et chansons, et qui vous emmènera dans un grand voyage dans le temps, riche en émotions.